L'élitisme « artistique » face au pragmatisme technologique
Avertissement : ce billet possède une forte concentration d'idées pouvant malheureusement s'avérer déconnectées de la réalité actuelle qu'on nous rabâche dans les médias, veuillez éteindre votre télévision et allumer votre cerveau avant de le lire. De même, il est fortement conseillé d'avoir lu mes deux précédents billets sur le sujet (un et deux) ainsi que leurs réactions pour bien comprendre où je vais (ce billet est en fait une réponse un peu plus évoluée que mes commentaires aux arguments donnés). Le titre est nul, je sais, mais il résume bien.
Suite à mon deuxième billet relatif à cette vaste plaisanterie qu'est la lutte contre le piratage qui, selon nos entreprises préférées du moment, tue l'industrie du disque les artistes, le principal argument qui s'est opposé était celui du « vol » uniquement justifié par le fait que tout travail mérite salaire.
On a ainsi pu voir certains commentaires à ce billet (ainsi que même une flamewar puérile et stupide sur le forum d'un planet qui a censuré mon billet). Voici des extraits montrant donc que pour eux, le travail des gens qui ont créé l'album doit être récompensé :
Je fais partie des gens qui ont certaines valeurs, parmi lesquelles le fait qu'un travail mérite salaire. Par conséquent, sans entrer dans des détails qui m'échappent, je pense qu'un chanteur doit gagner de l'argent pour ses oeuvres.
http://www.cyrille-borne.com/index.php?post/2008/06/26/Pourquoi-le-piratage-est-un-vrai-probleme-et-la-loi-Hadopi-peut-etre-notre-amie
Les musiques et autres dont on parle ne sont ni libres ni gratuites, le parolier, les musiciens, les ingénieurs du son, l'arrangeur on fait un travail.
http://xbright.codingteam.net/dotclear/index.php/post/2008/06/23/Pourquoi-le-piratage-est-un-faux-probleme-Le-pirate#c12376
En fait, il n'y a quelque chose que je ne comprend pas. Nous sommes face à une sorte d'élitisme considérant comme « noble » des choses telles que la musique, le film... Et les seuls arguments qu'on peut nous dire pour défendre la supériorité de la musique et du reste contre les logiciels, par exemple, c'est que la musique transmet une émotion quand le logiciel a un aspect pratique.
Sur un autre blog, emilpoe a d'ailleurs cité Molière, et une autre citation de ce même auteur convient bien :
Ce qui prouve bien que le faire pour de l'argent dénature l'art. Et vouloir absolument toucher une rémunération pour chaque travail fournit n'est pas forcément une bonne vision des choses.L'écriture ressemble à la prostitution. D'abord on écrit pour l'amour de la chose, puis pour quelques amis, et à la fin, pour de l'argent.
En quoi les nuits perdues d'un auteur/compositeur qui veut créer une belle chanson seraient plus précieuses que celles d'un développeur bénévole qui veut créer un bon logiciel. En quoi les nuits de cet auteur/compositeur sont d'une valeur supérieures et mériteraient donc d'être rémunérées ? Parce que c'est un artiste ? Non ! En fait, si on base la valeur de l'œuvre finale sur le temps de travail nécessaire, il n'y a aucune différence.
Et quand les deux créations sont issues de deux hommes de même valeur qui fournissent la même valeur de travail pour arriver à deux produits « de qualité », pourquoi l'une des deux créations devrait être décrétée, simplement de part sa nature, supérieure à l'autre ?
Si on s'intéresse un peu au développement d'un logiciel libre, on trouve des développeurs, des traducteurs, des graphistes, des empaqueteurs... Certains sont employés par des entreprises pour travailler sur ces projets tandis que d'autres sont bénévoles (et ils sont si nombreux...). Les bénévoles qui y participent n'attendent rien en retour et n'ont d'ailleurs rien en retour. Pourtant, certains projets ne comptent parmi eux que des bénévoles qui fournissent un travail de qualité : il y a pléthore de projets de logiciels libres de qualité où aucun membre du projet n'est payé pour le travail fournit.
On voit donc bien que deux modèles s'opposent :
- le premier, où on fournit un travail dans le but de toucher une rémunération
- le second où on fournit un travail dans le but de rendre un service
Pour un logiciel, on peut imaginer du support à l'utilisateur alors que pour une chanson, on peut imaginer des concerts. On peut aussi imaginer des produits dérivés (mascotte, vêtements...) ou bien de la vente « en boite ».
On entend beaucoup de gens s'inquiéter du libre, qu'elles considèrent comme une négation des droits d'auteurs. Mais c'est faux. Le mouvement du libre peut tout à fait s'inscrire dans le contexte actuel. Et, lors de l'émission de France Inter, à cette question : « Alors que le droit d'auteur existe dans tous les domaines : musique, science, technologie, littérature, théâtre... bref, tous les domaines de la création intellectuelle ou artistique, je vois mal en quoi il faudrait faire une exception pour l'informatique. », Richard Stallman répondu :
Eh oui, faire une création et la distribuer sous une licence libre ne signifie pas perdre sa paternité et les droits qui en découlent sur cette création. Cela signifie « juste » accepter de donner quatre libertés à tout le monde (l'utilisation, l'étude, la modification et la redistribution). Et ces libertés sont fondamentales pour respecter le principe de culture et de partage de celle-ci entre les hommes.Il faut noter que le logiciel libre a toujours existé dans un monde où il y a le droit d'auteur sur le logiciel. Et, la grande majorité des programmes libres ont un droit d'auteur. Mais, le détenteur du droit d'auteur a décidé de libérer le code sous une licence libre. La licence libre c'est une déclaration du détenteur des droits autorisant [à] tout le monde les quatre libertés essentielles. Mais, je ne dis pas qu'il ne faut pas y avoir un droit d'auteur sur le logiciel, ce que je dis c'est que le logiciel doit être libre pour ses utilisateurs.
Si les contributeurs bénévoles du logiciel libre l'ont compris, en quoi les musiciens, chanteurs... ne le comprendraient pas ? Peut-être aussi que ces gens là ne sont pas au courant du mouvement du libre, trop souvent réduit à une simple manière de libérer les sources ou de rendre un logiciel gratuit (véridique, ça vient des cours qu'on m'a donné à l'Université...). Et en fait en ce moment, entend-t-on les artistes ? Parce qu'en fait, ce sont les majors que l'on entend se plaindre et d'ailleurs, de plus en plus d'artistes savent qu'Internet est une très bonne chose pour la diffusion de leur musique. Il suffit juste maintenant que ces artistes apprennent ce qu'est que le libre et en quoi cette philosophie peut redonner à leurs créations l'aura qu'elles méritent.
Mais, opter pour un système où les œuvres seraient libres ne veut pas forcément dire qu'elles seraient gratuites. Et il est normal que si une personne désire obtenir une rémunération sur le travail qu'elle fournit, elle l'ait.
D'ailleurs, on peut voir tout un tas de modèles de rémunération pour les artistes, plus ou moins identiques à ceux utilisés par les entreprises dans le monde du logiciel libre, si tant est que les artistes en question veulent absolument faire de l'argent via leurs créations. Selon moi, le principe du don - trop souvent négligé - est primordial. Si j'aime bien un artiste, le seul moyen que j'ai de lui faire un don, chez moi, c'est d'acheter son CD (vu que c'est pas demain qu'on verra de vrais artistes venir à La Réunion...) alors qu'en fait, moi, j'aimerai juste faire un don.
De plus, certains pensent qu'on ne peut pas allier téléchargement gratuit d'un produit et vente en magasin (ou en ligne) de ce même produit. Ce qui est complètement faux, il suffit de voir que, dans le monde du logiciel libre, certains le font. On peut ainsi télécharger Mandriva One ou acheter le Mandriva PowerPack. On peut aussi télécharger Ubuntu ou acheter Ubuntu. Les exemples sont si nombreux qu'on ne pourrait pas tous les citer, mais, dans tous les « business-model » retenus par les entreprises œuvrant dans le domaine du libre, beaucoup gardent encore le principe de vente du produit pourtant téléchargeable.
Aussi, quand on décide d'aider quelqu'un, on pense tout de suite à lui donner de l'argent. Ça pourrait se traduire complètement différement : si vous vouliez aider un artiste et que vous disposiez de compétences plus ou moins liés à ce qu'il fait, vous pourriez tout simplement vous proposer plutôt que de lui donner de l'argent. Pourquoi vouloir toujours rebondir sur un souci monétaire ? De même, quand on discute avec des bénévoles qui participent au mouvement du libre (comme développeurs, traducteurs...), aussi minime ou importante que soit leur contribution, ils le font pour le plaisir, pour se former...
Publié le mercredi 2 juillet 2008, par xbright dans la catégorie : Divers - Lien permanent
Commentaires
14 commentaires
mercredi 2 juillet 2008
23:49
Je pense que c'est simplement une question de forces d'inerties : le logiciel libre a beneficié d'un développement plus rapide (cf. le chemin parcouru depuis 35 ans), à comparer avec la musique dont le modèle économique s'est forgé depuis de nombreux siècles (bon d'accord, il y a eu quelques petits changements depuis Mozart).
Les habitudes, les préjugés, se sont installés très profondemment, constamment épaulés par le pouvoir et la legislation.
Contrairement à toi, je pense qu'intrinsequement, toute production "artistique" (note : je considère un logiciel comme une oeuvre d'art) appartient, dans une conception toute philosophique, à toute l'humanité, car notre savoir découle des savoirs de nos ancètres et de nos pairs. Tout comme tu n'aurais jamais pu coder une seule ligne de python si tu étais né avant Guildo (et a fortiori avant l'invention du premier ordi), je me demande ce que Camaro aurait chanté s'il était né au moyen age (et a fortiori à l'age de pierre)...
La propriété intellectuelle n'existera peut-etre plus d'ici 100 ou 200 ans. Ce qui se passera dans le futur découle de nos actions présentes...
Bon, le bac de philo c'est fini!
— t0p0@+
4 commentaire(s) - Trolleur égaré
jeudi 3 juillet 2008
01:15
'lut
Déjà, comme dit RMS, ne mélangeons pas droits d'auteurs et propriété intellectuelle (brevets et autre couillonneries du genre).
De même, tu dis que je m'oppose à ce que toute création appartienne à toute l'humanité. C'est faux, je n'ai pas dit ça : j'ai par contre abordé le sujet pour rassurer les gens sur les fausses idées qu'on se fait sur ce que veut vraiment dire le libre (les amalgames avec le domaine public et la gratuité sont malheureusement trop présent).
Mais, je veux pas me lancer dans une tentative de différenciation/rapprochement entre « œuvre d'art » et « œuvre de l'esprit » ou je ne sais quoi d'autre, pour moi, ça reste des créations. Certes de natures pouvant être très différentes, mais bon. J'avoue que j'ai pas vraiment réfléchi à ce point.
Sinon ouais, ça vient peut-être de la rapidité de développement de ces différentes choses. À voir.
— xbright366 commentaire(s) - Squatteur <3
jeudi 3 juillet 2008
03:06
Peut être que le logiciel et la musique ne sont pas comparables dans le sens où le logiciel est un outil qui sert à valoriser un travail issu du logiciel. Exemple, inkscape me permet de faire de belles présentations, contribuer à inkscape permet d'améliorer l'outil de production. Au contraire de l'oeuvre artistique qui est souvent un aboutissement d'un travail.
Ensuite, pour le logiciel libre comme pour l'art, je pense qu'on le fait par passion avant tout raisonnement pécunier. Du moment qu'il y a un mécène pour nous permettre de prendre le temps de faire ce que l'on aime...
— Tuxicoman6 commentaire(s) - Trolleur égaré
jeudi 3 juillet 2008
23:23
Il y a très peu de monde (en pourcentage) qui s'appuie sur le mécénat dans le LL.
D'autre part, bien que je ne code pas (ou presque pas), je suis toujours ebahi par le genie de nombreux logiciels (libres!) que je considère vraiment comme des oeuvres d'arts (ce n'est pas juste une manière de parler) : la capacité d'abstraction de la réalité, l'intelligence de l'optimisation, l'évolutivité, méritent bien cela ! Noyés que nous sommes aujourd'hui dans les lignes de code, les langages de programmation, c'est moins visible, mais retourne un peu en arrière, quand des demi-dieux ;-) maitrisaient l'assembleur mieux que moi le français (je sais il y en a encore,-respect-).
Moi je le dis : un bon programme, bien documenté, vaut bien un poème. ( il est aussi beau, plus utile, et il a une "vie")
Pour avoir fait un peu de musique, je peux te dire que 95% de ce que tu écoutes aujourd'hui n'est pas créé ou inventé : les règles d'écriture de musique sont tellement codifiées (les types d'accords, les enchaînements, la rythmique...) que si tu fais bien attention, beaucoup de ce qui passe à la radio se joue avec 4 - 5 accords de base, qu'on retrouvera souvent avec quelques variantes dans une autre chanson! (et oui, ce sont comme des libraries). Je ne veux pas rabaisser la création musicale, juste la mettre à sa place : au même niveau que la création logicielle.
— t0p04 commentaire(s) - Trolleur égaré
vendredi 4 juillet 2008
02:21
« Peut être que le logiciel et la musique ne sont pas comparables » => Ça peut se dire, mais la nature de la création ne justifie en rien, selon moi, qu'une puisse être distribuée sous licence libre alors qu'une autre, non.
Sinon, ouais, j'suis plutôt d'accord avec t0p0 :)
De toute façon, même en faisant une distinction entre l'art et le reste, je ne trouve toujours pas de prétextes à tout ça. L'art, c'est fait pour être partager et transmettre quelque chose, ça doit donc se faire librement et sans entrave : ça doit être distribué sous une licence libre.
— xbright366 commentaire(s) - Squatteur <3
samedi 5 juillet 2008
22:20
Bonjour,
Si on pousse le raisonnement un peu plus loin, on se rend finalement compte que la plupart des choses dont nous bénéficions (pas pour tout le monde malheureusement...) aujourd'hui: technologies, livres, musique, films etc... ont été le fruit de plusieurs concepts/idées créés par plusieurs personnes (coopération ^_^) et s'appuient sur des connaissances accessibles à tous et à toutes (dans notre pays en tout cas normalement) par exemple: les mathématiques, le français, les sciences etc... ont permis de créer bon nombre de choses et de faire évoluer la situation générale (ou pas !).
Alors de quel droit un "artiste" (vautour?) pourrait-il créer quelquechose à partir de ces bases là, se l'approprier et le rendre accessible uniquement à ceux qui en auraient les moyens et une fois "l'oeuvre" acquise de ne pas avoir la possibilité de l'étudier, de la modifier et de la partager ?
Je pense que c'est un véritable frein à l'évolution POSITIVE (qui bénéficie au plus grand nombre...) et que c'est injuste !
Quand à ceux qui parle de vol: ils ne font que relayer la propagande de l'industrie du disque/cinéma et des médias en général, car quand il y a vol il y a substitution (exemple: si on vole une voiture à quelqu'un, il ne pourra plus en bénéficier) alors qu'avec le téléchargement d' "oeuvres" nous ne fasons que copier et nous ne substituons rien (à part peut être un peu de sa propre intelligence en fonction de ce que l'on télécharge...)
De plus, avec internet les couts de copies sont quasiment nuls, ce qui signifie que l'on peut faire bénéficier de la culture et du savoir au plus grand nombre pour peu !
Mais tous les problèmes actuels, et pas seulement celui-ci, sont le fruit de quelquechose qui créé beaucoup d'injustices et d'inégalités, y avez-vous déja réfléchis ? si oui, avez vous trouvé la (les) source(s) ?
Amicalement, Fred.
— Fred1 commentaire(s) - Trolleur égaré
mardi 8 juillet 2008
00:54
Pour reprendre ce que dit Fred, on pourrait évoquer la parabole de l'épicier de Pascal Negre : télécharger un mp3, c'est comme voler une pomme chez son épicier; le feriez vous ? (en gros..., je me rappelle plus exactement).
Non, je ne volerais pas une pomme.
Mais télécharger un fichier n'est pas comparable. Si je vole une pomme, mon épicier va compter une pomme en moins dans son étal, pomme qu'il aura achetée à son grossiste et sur laquelle il aurait fait une marge bénéficiaire etc.
Cependant, quand je télécharge un fichier, il ne manque rien à Pascal! De son point de vue, il lui manque un cd vendu, mais en fait il est virtuel, car il est toujours au magasin : il n'a pas été volé. Je serai alors accusé de vol alors que mon acte ne provoque aucun dommage! C'est le non-acte de ne pas acheter le cd, conséquence (ou non!) du premier, qui me sera reproché! Mais là je vous arrête, car il faudrait prouver ce lien de conséquence: si je suis au smic et que de toutes façons, après mon loyer, mes charges et mes 2 X 80€ de gasoil par mois (ça fait mal), je n'ai pas la possibilité de payer le cd, mon téléchargement ne changera rien!
Pour résumer: l'accusation de vol est doublement virtuelle.
a) car la victime ne subit aucune perte dans ses biens (stocks).
b) car il faudrait prouver que le téléchargement a remplacé à 100% un achat.
a) est toujours vraie et b) ne peut pas être prouvée (je précise: soit le téléchargeur n'a pas les moyens donc b=FALSE, soit il télécharge quelque chose qu'il n'aime que moyennement et qu'il n'aurait pas acheté donc b=FALSE, soit c'est un fan et il achètera le cd plus tard b=FALSE, soit il n'est dans aucun de ces cas ... et dieu sait ce qu'il aurait fait! donc b=FALSE)
Conclusion : ma théorie est qu'on ne peut pas voler quelque chose d'immatériel. Personne ne pourrait démontrer objectivement, pour un individu, la conséquence entre la copie et une supposée perte financière.
Ouverture: on peut en discuter à l'échelle statistique de la population, et le téléchargement induirait une dépression du marché... ou pas! Peut-être que le marché de la musique se casse la figure parce qu'il y a saturation, que le modèle économique est en décalage avec l'époque, parce qu'on entend que de la m*d*e à la radio .... et la courbe du nombre de fichier téléchargé aurait d'autres tenants et aboutissants.
Qu'en pensez vous?
— t0p04 commentaire(s) - Trolleur égaré
mardi 8 juillet 2008
17:15
Je suis entièrement d'accord avec vos deux commentaires.
Pour écrire ce billet, j'm'étais dit que ça serait sympa de faire une petite démonstration qu'il ne s'agit pas de vol mais j'avais pas trop d'idées, t0p0 a rédigé exactement ce qu'il fallait \o/
Et comme le dit Fred, Internet est un formidable moyen pour « distribuer la culture » au plus grand nombre, il faut en profiter. Et donc, là, empêcher le « piratage » (en fait, la redistribution non-autorisée), c'est contraire au principe d'échange d'Internet et au principe de libre diffusion de toute forme de culture et d'art, qui - comme dit - profite à tous.
Et du coup, comme t0p0 vient de démontrer qu'aucun de nous n'étaient des pirates, poussons plus loin le raisonnement de Fred pour tirer une conclusion volontairement-incisive : les voleurs (et donc « les pirates », nous aussi, utilisons un vocabulaire inadapté \o/) ce sont les maisons de disques qui empêchent la libre-utilisation (via les DRMs), la libre-étude (interdiction de publier paroles et partitions), la libre-modification et la libre-redistribution (le fameux piratage). C'est eux qu'il faut combattre, en fait.
— xbright366 commentaire(s) - Squatteur <3
mercredi 9 juillet 2008
05:57
Bah voilà que je suis attaqué sur un post de xbright.
— StempOn me traite d'élitiste (ce qui compte tenu de mon physique d'apollon et de mon extraordinaire capacité intellectuelle n'a rien d'étonnant).
Et j'assume mes propos. Je suis d'ailleurs un peu gêné que tu n'ais pas retranscrit la suite de ma phrase.
Car c'est pour moi le plus important : «Si l'on justifie ce téléchargement en considérant que l'on n'a rien pris, il faut aussi autoriser les personnes à prendre des logiciels libres, à en changer la licence, et à ne vendre que les binaires. Là non plus rien n'est volé.»
Un Chanteur, Producteur, Réalisateur, Développeur, etc… a décidé de livrer son travail sous une licence donnée. C'est son choix, et je dirais même plus : sa liberté.
En volant/téléchargeant cette musique/film/logiciel on estime que son choix ne vaut rien et que sa liberté n'a pas de valeurs.
Il n'existe donc pour moi, de ce côté là, aucune différences entre une photo, une peinture ou un logiciel. Seul le souhait du créateur est important. On notera d'ailleurs que je peux aller voir une exposition sans avoir à acheter une œuvre.
Mais revenons plutôt à nos biquettes, comment un développeur de logiciels libres peut-il gagner sa vie ?
La réponse simple est qu'il ne peut pas le faire en développant.
Soit il doit monter sa société pour VENDRE du support, soit il doit être salarié d'une entreprise qui VEND du support.
Maintenant je voudrais juste savoir comment vous intégrez l'ingénieur du son, l'arrangeur et le parolier dans votre modèle libre ?
Employés par Universal ? des salariés ? Universal ne gagnant de l'argent que sur les concerts ?
Et la musique électronique ? Et la musique d'attente et d'ascenseurs ?
Et c'est moi que tu traites d'élitiste ?
18 commentaire(s) - Trolleur égaré
mercredi 9 juillet 2008
12:46
« Et c'est moi que tu traites d'élitiste ? » => Non, je n'ai traité et encore moins attaqué personne.
C'est la vision générale qui dit qu'un logiciel peut être libre mais pas autre chose que je trouve élitiste.
Tu remarqueras qu'on discute plus du bienfondé du système actuel et de la nécessité de basculer vers un modèle où toutes les créations seraient libres. Dans cette optique, le téléchargement serait on-ne-peut-plus légal.
En attendant que ça arrive (et on va pouvoir attendre beaucoup, environ 80 années - source : http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_p...) rien ne nous empêche de contester, par exemple, en téléchargeant (ce qui n'empêche pas comme dit plus haut, d'aller aux concert ou même d'acheter l'album). Donc, notre action *ne tue pas les artistes* (bien au contraire), elle ralentit juste les bénéfices des maisons de disques (elle ne les diminue pas non plus, ils augmentent moins vite). Et comme dit plus haut, on n'a rien volé. C'en est même à se demander, dans le système actuel, qu'a-t-on fait d'illégal ?
Sinon, pour ton inquiétude envers les ingénieurs du son, les arrangeurs, les paroliers, toussa, il y a une réponse simple : une boite qui s'occuperait de tout gérer, de l'enregistrement du CD aux concerts, en passant par les produits dérivés. Un exemple qui marche plus-que-très-bien : http://en.wikipedia.org/wiki/Live_N... (la version française de l'article étant... à travailler).
Concernant ta « liberté de choix », y a ça que j'aime bien : http://zitrouille.wordpress.com/200...
— xbright366 commentaire(s) - Squatteur <3
mardi 15 juillet 2008
03:55
Je suis d'accord avec Stemp.
Ton raisonnement xbright me parait assez correct aussi mais n'est pas parfait. Tu dis télécharger pour contester. Mais ce que tu fais est juste un manque de respect. Non pas des bénéfices d'une personne ou d'une organisation (aussi hypocrite et arriérée soit-elle), mais un manque de respect envers le CHOIX du détenteur du droit d'auteur.
En téléchargeant un CD sur emule, tu violes, que tu le veuilles ou non, la licence d'utilisation d'une oeuvre: tu peux être contre cette licence mais tu te dois de la respecter. De la même manière, je suis contre CodingTeam en AGPL pour des raisons que j'ai maintes fois exposées, mais tu as tout de même choisi l'AGPL. Ce n'est pas pour ça que demain, je vais m'approprier ton œuvre (une copie de ton oeuvre, donc pas volée hein ;) ) et ne pas respecter la licence. C'est à dire que je vais la rendre propriétaire (n'ayons pas peur des extrêmes), et ça tombe bien, elle va me permettre de m'enrichir. De la même manière que l'industrie du disque, faite d'une bonne partie de requins, n'a que très peu de chances de retrouver un petit téléchargeur du dimanche en particulier, tu risques d'avoir, toi, du mal à contrer mon action, même si CodingForge, la forge sous licence propriétaire basée sur CodingTeam (mais on le dit pas :p ) devient la plus importante forge du monde et que je deviens millionaire avec.
Plus terre à terre: quelle est la différence entre:
-violer les droits d'un artiste et de sa maison de disques sur son oeuvre parcequ'on aime pas la licence
-violer un logiciel libre et piquer du code parcequ'on aime pas la licence?
Morale: Même s'il ne te plait pas, respecte le choix de l'autre.
— Jérémy13 commentaire(s) - Trolleur égaré
mardi 15 juillet 2008
04:11
J'ai fait une citation de Stallman dans ce billet qui répond entièrement à ton commentaire : http://xbright.codingteam.net/dotcl...
« C'est une question du système social dans lequel le programme s'utilise. [...]
Tu es en danger de tomber dans un dilemne moral, à n'importe quel moment, quand un ami te demande une copie du programme. À ce moment, tu seras obligé de choisir entre deux maux.
Un mal est : lui donner une copie et rompre la licence du programme. L'autre mal est : obéir à la licence du programme.
Étant dans le dilemne, tu devrais choisir le "mineur mal" qui est : lui donner une copie et rompre la licence du programme. »
Faut croire que pour certains, la liberté est un principe fondateur et que ces gens là font le plus possible pour l'avoir. Quitte à passer outre la fameuse « liberté de choix » (http://zitrouille.wordpress.com/200...).
En fait, là, la seule chose que je conteste (mis à part le fait que ces majors se moquent de nous et se font du fric sur notre dos), c'est le fait que le téléchargement soit diabolisé alors qu'il est totalement bénéfique aux artistes. On parle donc de l'interdiction de redistribution.
Tu ne peux donc pas comparer ces deux situations.
Dans la première, il y a un CD qui n'est pas libre (et dont l'auteur ne sait peut-être même pas que ce modèle existe, d'où l'intérêt de les avertir) et dans l'autre il y a un logiciel qui est libre. De fait, tu n'as pas à faire de « résistance » et d'essayer d'imposer ta liberté (parce que la liberté de tous est plus importante que la volonté d'un).
Et puis, j'ai la conscience tranquille, je n'ai rien volé à personne. Je n'ai pas non plus attaqué les finances de certains, au contraire, puisqu'il m'arrive encore d'acheter des CDs (quand un album me plait bien ou que j'aime bien l'artiste, je fais confiance).
Au passage, si tu utilises mon code comme base pour ton activité et que tu en deviens riche, j'en serais content ; non seulement pour toi, mais aussi pour avoir été à la base de quelque chose de pérenne. Le libre ne veut pas dire gratuit.
— xbright366 commentaire(s) - Squatteur <3
jeudi 24 juillet 2008
20:11
"Pourtant, certains projets ne comptent parmi eux que des bénévoles qui fournissent un travail de qualité : il y a pléthore de projets de logiciels libres de qualité où aucun membre du projet n'est payé pour le travail fournit."
Les bénévoles ne sont pas rémunéré pécuniairement. Ils sont rémunérés socialement. Quand un projet libre fonctionne, qu'il est reconnu, ces auteurs gagnent en notoriété et parfois cela donne des opportunités professionnels.
Voilà un argument qui me semblerait intéressant à étayer.
Sinon, merci pour ton billet, il est très riche et sonne juste. Le fond du sujet, c'est la culture du don qu'il faut réhabiliter.
Notre société s'enferme dans une logique d'accumulation des richesses et néglige les relations humaines. Le don est selon moi un moyen de pacifier les échanges, de les rendre plus humain tout simplement.
— Antonin1 commentaire(s) - Trolleur égaré
mardi 29 juillet 2008
17:44
Ce n'est pas un vol mais un recel de contrefaçon. Cela reste illégale.
Par contre, il y a de multiple source légal de mp3 gratuit : copie de CD d'un copain, enregistrement de la radio, copie d'un CD loue. Cela s'appelle le droit a la copie privée, elle peut s'exercer surtout support légal (CD loue, radiodiffusion,...).
— nicolas1 commentaire(s) - Trolleur égaré