Si certains de vous ici lisent ce blog depuis un bon moment, ils sont sûrement tombés sur mon vieux billet dénonçant le fait que Jamendo n'est pas plus diffuseur de musique libre que moi de slips jaunes fluorescents, quoi qu'ils en disent. Et dans les commentaires, il en était ressorti que je me trompais, que libre pour logiciel et libre pour musique c'était pas la même chose. Chouette.
Voici donc quelques définitions que certains feraient bien de relire, avant d'entreprendre de tenter de donner des leçons aux gens :
Et dimanche 28 septembre, j'ai donc écouté cette radio « 100% libre » qu'est Oxyradio. Ils ont de toute évidence contracté le même mal que Jamendo.

<***> nine inch c'est un peu le firefox de la musique

L'émission était dédié aux licences libres. Et ça leur permettait de rappeller qu'il n'y avait que du libre qui passait sur leur radio. Et au milieu de l'émission, paf, un titre de Nine Inch Nails sous CC BY-NC-SA (d'après Wikipédia). C'est bien joli mais ce n'est pas libre. Pas du tout. Et la question n'est pas celle que j'ai soulevé dans un autre billet (si l'artiste devrait ou non faire du libre), la question est différente : on dit que c'est du libre, mais non ça n'en est pas. Cette fameuse radio 100% libre avec une vraie-bannière-en-vrai-flash-au-spécifications-fermées-et-au-client-officiel-privateur n'est pas autant libre qu'elle le dit, tout simplement parce qu'en fait, elle ne l'est pas.

Et puis, y a eu de belles choses dites pendant cette émission censée présenter au grand public aux web-auditeurs les licences libres et leur historique. Ma préférée : « le copyleft c'est l'inverse du copyright puisque c'est un C qui est à l'envers ». Et leur principe, c'est que si on veut réagir, on cause sur IRC/Jabber ou on passe un coup de fil et ils rectifient ou agrémentent leur propos avec ce qui a été dit. Du coup, j'ai envoyé deux messages :

<xbright> Le copyleft implique de redistribuer le travail dérivé sous la même licence que l'œuvre originale (exemple : la GPL est une licence copyleftée mais pas la BSD), il n'est pas question de s'opposer au copyright puisque le créateur de ladite œuvre ne nie pas son droit d'auteur. Le mot « copyleft » est juste une boutade, pas une franche opposition.

<xbright> Juste pour revenir sur ce qui a été dit tout à l'heure : le copyleft implique de redistribuer le travail dérivé sous la même licence que l'œuvre originale (exemple : la GPL est une licence copyleftée mais pas la BSD), il n'est pas question de s'opposer au copyright puisque le créateur de ladite œuvre ne nie pas son droit d'auteur. Le mot « copyleft » est juste une boutade, pas une franche opposition. Donc, le copyleft s'appuie sur le copyright et ne s'y oppose pas. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft

Aucune réaction de leur part.
Pourtant, la définition dit bien que le copyleft est la possibilité donnée par l'auteur d'un travail soumis au droit d'auteur (œuvre d'art, texte, programme informatique, etc.) de copier, d'utiliser, d'étudier, de modifier et de distribuer son œuvre dans la mesure où ces possibilités restent préservées.. Le copyright, en Droit français, c'est le droit d'auteur. Et le copyleft ne renie pas le droit d'auteur, comme dit dans cette citation.

Et puis, plein de petite phrases qu'il ne faudrait pas oublier non plus :

Il faut faire une différence entre logiciel et œuvre, qu'elle est la source d'un poème ?

Et un logiciel programmé au hasard en PHP il ne peut pas être libre ? Parce que, il n'y a aucune différence entre sources et logiciel, non plus. Allez, vous gagnez le droit de relire le texte de la GNU General Public License !

Un code source on peut l'imprimer, le voir, l'afficher à l'écran, le modifier avec de l'apprentissage.

Un poème on peut l'imprimer, le voir, l'afficher à l'écran, le modifier avec de l'apprentissage, aussi.

Les licences sur l'art sont des licences de libre diffusion, ouverte, de libre circulation. L'essentiel n'est pas qu'on puisse la modifier ou faire un usage commercial, mais être redistribué et utilisé de la manière la plus libre possible.

Ah mais bien sûr, on refait sa propre définition parce que ça nous arrange ? Sur mon billet dédié à Jamendo, j'ai répondu à plusieurs commentaires de ce genre. J'en ai rapidement sélectionné quelques réponses, à lire si on croit dur comme fer à cette citation : #1 et #2.
Dans ces commentaires, vous trouverez une idée très dangereuse oulalala, selon laquelle autoriser la liberté de modification et d'amélioration ainsi que celle de réutilisation et redistribution commerciale ne sont pas des problèmes ! Si, si. Il y est même abordé le principe du copyleft. Grâce à ce terme que beaucoup de monde utilise sans vraiment en connaître la définition, vous pouvez interdire la réutilisation de tout ou partie de votre œuvre au sein d'une nouvelle création non-libre. Du coup, qu'il y ait commerce ou non, la réutilisation et la redistribution se ferait dans une œuvre libre, elle aussi. Et c'est bien le principal, que le travail et ses travaux dérivés soient et restent libres, non ? Attention, cette partie du billet ne s'adressait pas aux gens comptant se faire un maximum d'argent avec ce qu'il créent mais à ceux qui ont une certaine éthique, les autres peuvent de toute façon, quitter ce blog.

Pourquoi des organisations comme Oxyradio et Jamendo utilisent donc le mot « libre » et le brandissent comme un de leurs principes alors qu'ils n'en font pas ? On me répète pourtant à l'antenne que Jamendo c'est bougrement chouette. Ce que font Oxyradio et Jamendo n'est pas du libre, c'est autre chose. Et ils créent leur propre mouvement en piquant à celui du libre certaines de ses valeurs (celles qui les arrangent) et en en laissant d'autres (celles qui font peur quand on ne prend pas la peine de se renseigner). Mais si ils créent quelque chose d'autre, qu'ils ne profitent pas de l'avancée du libre en décrivant leurs idées réductrices, à base uniquement de partage cloisonné et de redistribution policée tout juste gratuite, comme du libre. Le libre c'est bien plus que ça.

Et on termine sur un petit historique de conversation, à lire avant de se coucher pour rigoler un peu :

<ThibG> bon, donc, j'vais résumer : CC BY NC ND, sûr que c'est mieux qu'un droit d'auteur sans licence, mais c'est pas libre
<un_type> ThibG ca depend de quelle liberté on parle
<ThibG> l'exemple du poème est mal choisi, les vers, à l'image du code, viennent de la tête du poète/codeur
<un_type> ca te donne la liberté de difusé
<un_type> pour moi c'est libre
<ThibG> un_type, ça te permet pas de diffuser si tu met de la pub ou que tu vends un CD
<un_autre_type> mais même en règle générale, une licence CC c'est du libre non ?
<un_type> ThibG: ouai mais ca peemet de le difusé sans en faire un profit
<un_type> moi ca me choque pas qu'un artiste ai peur que quelqu'un fasse une utilisation comerciale de son oeuvre
<ThibG> la source du poème c'est le poème. La source d'un script python c'est le script python... à moins que tu fasses un générateur de poème ou de script python
<un_type> a la base oxy a choisit de faire du libre pour laisser a l'artiste le choix de ce qu'on peut faire avec son oeuvre